FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST – DE L’AISNE à LA MEUSE

Vauban va intervenir sur 60 villes françaises (dont 14 dans le département du Nord), 23 villes belges, 13 villes Allemandes, à Luxembourg et dans 2 villes des Pays Bas. Il élaborera et participera à la construction de 6 villes nouvelles, 44 projets d’amélioration d’enceintes urbaines, 16 renforcements de fortifications, 19 citadelles, 12 forts et deux camps retranches. Il procèdera à la préparation de 30 études et projets restés sans suite. Il contribuera au démantèlement de six sites fortifiés dont 2 en Allemagne

GUISE (02) :

Agglomération d’origine mérovingienne, Guise possède un château depuis le Xe siècle. C’est en 945 que la ville devient une seigneurie. Dévasté pendant la guerre entre le roi de France Philippe Auguste et le comte de Flandre, Guise est prise par les armées royales. De 1185 à 1191, le château est rénové une première fois. Pendant la Guerre de Cent Ans, le château subit plusieurs sièges anglais mais n’est conquis qu’une seule fois en 1424 par eux et leur allié Jean de Luxembourg. Après cette prise, laquelle est suivie d’une restitution à la couronne de Charles VII de France, le château est progressivement rénové entre 1430 et 1457. Les Français poursuivent les chantiers entamés par les Anglais et leurs alliés. A partir de 1482, Guise devient une place de première ligne dans la défense de la France de Louis XI contre les Pays-Bas bourguignons puis habsbourgeois. Elle est assiégée plusieurs fois, dont un siège mené par Charles Quint en 1536. Elle n’est restituée à la France qu’en 1542. A ce moment, le château, seule fortification de Guise, est ruiné. Cet état de ruine incite François Ier à en ordonner la restauration et la modernisation en 1547, peu avant sa mort. La modernisation est réalisée par le capitaine Claude de Lorraine en 1549. Il construit cinq bastions et creuse des fossés secs autour du château médiéval. Deux demi-lunes sont ajoutées au sud. La ville reste dépourvue de remparts mais les bastions du nord, détachés du corps de place, lui sont connectés. A l’intérieur, la collégiale est restaurée et une caserne à sept étages est construite. Prévue pour trois mille soldats, elle est nommée Bâtiment des Trois Mille. Un arsenal, un hôtel du Gouverneur, un carré des officiers et une prison d’état sont construits également. Les bastions du château sont équipés de casemates et de couloirs de communications avec fentes de tirs au mousquet. Les chantiers s’achèvent vers 1552. Les trois sièges suivants (1594 pendant les Guerres de Religion, 1636 pendant la Guerre de Trente Ans et 1650 pendant la Fronde) sont chacun suivis de réparations sans ajouts de nouveaux ouvrages. En 1659, le traité de Pyrénées valide la conquête par la France d’Avesnes-sur-Helpe, Landrecies, Philippeville et Mariembourg, rétrogradant Guise en seconde ligne dans la défense de la France. En 1673, lorsqu’il élabore le Pré Carré, Vauban n’y intègre pas Guise immédiatement, l’estimant inutile. Louvois, le Ministre de la Guerre, n’est pas de cet avis et l’envoie sur place le 19 janvier 1673. Après cette visite, Vauban décide de la conserver. Néanmoins, il n’y réalise aucun ajout, seules des réparations sont réalisées, de 1673 à 1683. Les terrassements des remparts et du glacis sont refaits, les demi-lunes sont refaçonnées, les portes sont restaurées et les fossés sont approfondis. Cependant, les tracés ne sont pas modifiés et restent tels que conçus par le capitaine de Lorraine cent trente ans plus tôt. Ceci est dû au fait que le château de Guise est rétrogradé une nouvelle fois, en troisième ligne cette fois-ci, pour la défense de la France. Institué en 1678, le Pré Carré ne l’intègre que comme place arrière faiblement fortifiée. Vauban préfère concentrer les travaux défensifs plus au nord. Durant les XVIIIe et XIXe siècles, le château ne reçoit pas de modifications importantes, excepté le recouvrement de la caserne par de la terre pour une meilleure protection anti-bombardement. Sinon, on se limite à l’entretien des parties existantes. Des réparations sont réalisées après le siège prussien de 1815. Ravagée par un bombardement allié en octobre 1918, peu avant la libération de la ville par les Français, le château de Guise est déclassé comme place de guerre en 1922 et vendu par l’armée à un particulier qui le transforme en carrière et en décharge. Le château de Guise existe toujours, bien qu’il ait servi de carrière et décharge pendant trente ans. Depuis 1953, l’association Le Vieux Manoir, fondée par Maurice Deton, procède à sa restauration via des chantiers de jeunes bénévoles. Un musée a été créé dans les casemates de l’un des trois bastions subsistants : le bastion de l’Alouette. Ce musée décrit l’évolution de l’armement durant les mille ans couverts par l’existence du château et la vie quotidienne dans celui-ci au cours de ces mêmes mille années. Les deux autres bastions subsistants, de la Vieille Ville et de la Charbonnière, ont été restaurés et peuvent se visiter sur renseignements auprès de l’ASBL. Le donjon médiéval, une tour de guet et la prison d’état subsistent également. Des autres constructions intérieures (casernes et collégiale), il ne subsiste que des fondations et parfois des caves. Une partie des remparts a été démolie pour des raisons de sécurité dans les années 1950. Guise ne doit pas grand-chose à Vauban. C’est davantage un témoignage de la fortification bastionnée française sous François Ier et Henri II.

LA FERE (02)  :

Eudes Ier, comte de Paris et marquis de Neustrie, puis roi des Francs de 888 à 898, mourut à La Fère, siège de son camp d’hiver, le 3 janvier 898. Vers le XIe siècle, La Fère en Picardie devient le fief des seigneurs de Coucy, puissants rivaux de la jeune monarchie capétienne. Ils construisent des fortifications qui vont défier longtemps les rois de France. Au cours de la septième guerre de Religion, La Fère est prise par surprise, par le prince de Condé, fils de Louis Ier, le 29 novembre 15792. Elle est reprise après un siège que les troupes royales du maréchal de Matignon appliquent avec ténacité du 7 juillet 1580 à début septembre 1580. Ce siège de 1580 fut appelé siège de Velours car les ducs d’Épernon, Joyeuse et d’autres jeunes seigneurs y vinrent en brillant équipage et les vivres abondaient. Il n’en fut pas moins long (du 20 juin au 31 août) et dur. Devenu roi de 1589 à 1610, Henri IV s’empare peu à peu des places que les Espagnols défendent avec acharnement et décide de faire le siège de La Fère en 1595. Depuis presque deux ans, La Fère est assiégée. Le roi fera inonder la cité en barrant la vallée de l’Oise entre Andelain et Beautor par une ligne de 1 500 mètres ce qui amènera la ville à capituler le 16 mai 1596. Seigneur de La Fère comme on l’a vu plus haut, Henri IV réunit alors La Fère au domaine de la Couronne et y établit un bailliage royal qui s’étendait sur la ville, les faubourgs et sur seize villages voisins. Quand la révolte de la Fronde s’apaise, Mazarin s’attache à La Fère et il y revient en 1654 pour suivre de près les efforts de ses armées en campagne plus au nord. En 1666, le duc de Mazarin alors «Grand Maître de l’Artillerie », bâtit un ARSENAL, ou plus exactement, lui fit subir d’importants agrandissements, afin de soutenir les armées de Louis XIV engagées dans la guerre en Flandre. Au cours des siècles, La Fère devint une place de défense importante. En contre partie, elle logeait les troupes, ces « gens de guerre » et l’on sait que les relations entre les deux populations n’étaient pas toujours cordiales. Louis XIV et Vauban eurent l’idée d’une véritable armée (pas seulement composée de cadres issus de la noblesse, mais de soldats de métier).  Vauban fit peu de travaux d’adaptation des fortifications de La Fère sauf en ce qui concerne les casernements des futures écoles. C’est ainsi qu’une première école d’artillerie, destinée à la formation d’officiers, vit le jour à La Fère en 1719, puis dès le 8 avril 1756 Louis XV y fit annexer une seconde, dite « la cinquantaine » : une compagnie d’élèves destinées à servir de noviciat pour entrer au corps royal. «La cinquantaine» fut transférée de La Fère à Bapaume en 1766,

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SAINT QUENTIN (02)  :

St Quentin est fondé par les romains qui édifient des remparts autour de la Cité. Le 27 août 1557, la faiblesse des fortifications permit aux Espagnols de s’en emparer facilement. Pendant la guerre de Cent Ans, Philippe de Valois et Charles V incitèrent les échevins à fortifier la ville. Ils les autorisèrent à lever, dans ce but, de nouveaux impôts. De 1462 à 1472, la ville changea trois fois de maîtres. En 1559, les bastions com- mencés par les Espagnols furent achevés par les Franqais. Ils prirent les noms de bastion du Roi et de bastion de la Reine. A cette même époque, le quartier de la Toussaint, trop exposB au feu des assaillants, fut détruit. Sur son emplacement fut établie une vaste demi-lune appelée le Coupement. En 1568, les remparts partiellement reconstruits soutinrent l’assaut des troupes de M. de Genlis qui guerroyait pour le prince d’orange. En 1590, le bastion de Longueville protège la ville vers l’Ouest. En 1598, commence la construction des boulevards de Remicourt qui seront ensuite modifiés en tenailles et terminés.  En 1624. En 1610, le bastion de Saint-Jean est créé. En 1616, les murailles résistent à de multiples attaques. La demi-lune Saint- Louis est construite en 1626. Richelieu fit dresser un plan des fortifications de 1634 à 1639, par M. Desnoyer.  Sous Louis XIV, Vauban modernisera les fortifications. La demi-lune de Saint-Louis est transformée en bastion en 1639. De 1639 à 1640, les demi-lunes de SainteCatherine, Saint- Jean, Praddle, Carvin et de la porte d’Isle complétèrent la valeur militaire de la ville. En 1641, les remparts, de forme presque circulaire, mesurent 1.500 toises (3 km). En 1647, ils permettent de repousser de nouvelles attaques. Les cornes et la demi-lune Saint-Martin, les cornes de la porte d’Isle et Vauban sont construi- tes en 1674, les lunettes de Tourival et du pré Saint-Thomas, achevées en 1690. Le moulin Garand, situé près du pont de Pontoiles, tournait avec les eaux provenant d’un gonflement dû au rehaussement des vannes des moulins de la porte d’Isle et aux fossés de la place depuis le Coupement jusqu’à la porte Saint-Martin. Au XVIIIe siècle, la frontière s’éloigna de Saint-Quentin. Les fortifications ne subirent alors que peu de transformations et d’entretien. Un décret pris le 28 avril 1810, décida de la démolition des fortifications de Saint-Quentin

GIVET (08)  :

 La ville de Givet s’est développée au confluent de la Meuse avec la rivière de la Houille. Givet Saint-Hilaire est doté d’une enceinte agrandie en 1555 au moment où Charles Quint fortifie Charlemont. Après la conquête de la ville par la France en 1680, en même temps que Charlemont, la ville est dotée de fortifications et d’équipements militaires proposés par Vauban dans son premier projet, sur ses deux rives séparées par la Meuse. Sur la rive gauche, reliée à Charlemont par des ouvrages fortifiés à partir de 1680, une grande caserne de cavalerie est édifiée dès 1675. Le chantier de l’église Saint-Hilaire débute en 1682 et s’achève en 1702. Sur la rive droite, le quartier de Notre-Dame est enveloppé d’une nouvelle enceinte et agrandi jusqu’au pied du plateau du Mont d’Haurs. L’église Notre-Dame est édifiée de 1676 à 1680. Après la réalisation du second projet de Vauban, datant de 1697, les deux bourgs sont dotés de casernes et de six portes. L’enceinte urbaine est bastionnée, dotée d’ouvrages avancés.La vill e de Charlemont est construite par les Espagnols à partir de 1555. L’extension est achevée en 1563-1564 sous la direction de l’ingénieur Jacques Van Oyen. À la fin du XVIe siècle jusqu’en 1675, les Espagnols construisent une seconde enceinte : à l’est, une tenaille devant les hauts bastions, à l’ouest, deux ouvrages à cornes, au nord, trois demi-lunes. Un fort (le fort de Charlemont) est construit à la demande de Charles Quint et occupe une superficie de 60 hectares avec plus de dix kilomètres de remparts. Il est agrandi une première fois par Vauban en 1678. Charlemont est conquise définitivement par la France en 1680 ; Vauban s’empresse de compléter les défenses du site, ainsi que celle de Grand-Givet. Une tour de guet, la tour Maugis, située au nord, est remplacée par une redoute taillée dans le roc appelée Condé. En 1689, sur la fin de l’année, Vauban visite les frontières de Flandre et établi un projet de fortification. Il y retourne en 1693 où il travaille sur un projet sur des projets de fortification de la place pour achever de la mettre en bon état. Deux casernes dont une de 400 mètres et un hôpital militaire sont construits au pied du fort. En 1697, Vauban agrandit une seconde fois le fort. La protection des hauteurs qui dominent la rive droite de Givet est assurée par un camp retranché dessiné par Vauban en 1697 et installé sur le plateau du Mont d’Haurs. Le front principal était protégé par trois bastions, renforcés de demi-lunes. La protection des autres fronts est assurée par les falaises à pic. Vauban n’y installe que de simples remparts, doublés par des redoutes. 20 000 hommes et 3 000 chevaux doivent pouvoir y tenir garnison. Le camp, commencé en 1699, reste inachevé. Le site est abandonné en 1706. Dans la pensée de Vauban la notion de camp retranché prend à cette époque une place importante. A la fin de sa vie il proposera en effet systématiquement au Roi d’en construire pour renforcer la défense des grandes places fortes du Nord-Est. Le seul qui nous soit resté intact est celui d’Haurs dominant la vallée de la Meuse en face du fort de Charlemont à Givet.  La réalisation de ce projet se déroulera jusqu’en 1730 mais celui-ci restera inachevé Simple lieu d’accueil pour les troupes de La Fayette en 1791, le camp retranché est brièvement occupé par les troupes prussiennes à l’été 1815. A Charlemont, un troisième front dirigé vers l’ouest et le nord est partiellement réalisé par le marquis d’Asfeld : la Couronne d’Asfeld. Deux demi-lunes sont ajoutées à la redoute Condé au XVIIIe siècle, lui donnant son titre actuel de fort. Le déclassement de la place militaire de Givet en 1891 et 1892 entraîne la suppression des remparts, dont il ne reste que trois portes. Le tracé des rues du quartier Notre-Dame est repérable à sa forme orthogonale mais il ne reste quasiment rien des constructions d’époque à l’exception des deux églises. Le fort de Charlemont, déclassé en 1891, est bien conservé. Le fort Condé est accessible au public. Au bas du fort, sur la rive gauche de la Meuse, des vestiges des courtines urbaines créées par Vauban sont visibles. Les casernes ont disparu au XXe siècle. Le camp retranché du Mont d’Haurs est l’unique camp retranché réalisé de Vauban qui n’a pas été détruit. La porte principale, dite porte de Secours, des souterrains, des galeries de communication et des salles de stockage subsistent. Il est intégré dans la Réserve naturelle nationale de la Pointe de Givet.

MEZIERES (08) ;

Située dans un coude entre deux bras de la Meuse, Mézières est dotée de son premier château sous le règne de Charlemagne en 812. Construit en bois et terre levée, il est incendié en 897, et reconstruit en pierre en 899. Son emplacement est celui de l’éperon dominant les deux bras du fleuve. Il est pourvu d’une chapelle castrale, érigée en collégiale en 1176. Elle est alors entièrement reconstruite dans le style gothique et dotée d’un cloître. La ville se développe progressivement au pied du château, et devient une importante bourgade, entourée de remparts et flanquée de tours et de portes en 1205, pendant la gouvernance du comte Hugues III de Rethel. Deux ponts fortifiés franchissent le fleuve. Cette enceinte est réparée plusieurs fois mais la formation de quatre faubourgs, Saint-Julien à l’ouest, Arches au nord, Pont-de-Pierre au sud et Bertancourt à l’est, conduit à la remplacer au XVIe siècle. Les années 1500 voient également la transformation du donjon médiéval en cavalier. Les remparts sont épaissis et reçoivent des boulevards d’artillerie. En 1521, Bayard défend la ville de Mézières contre les troupes impériales de Charles Quint. Le siège démontre l’importance de cette place pour la défense du royaume et la nécessité d’y créer des défenses suffisantes. Dans un premier temps, on construit des tours modernes, et particulièrement entre 1522 et 1528, deux énormes tours à canons, dites Milard et du Roi, sur le modèle de Langres ou de Mouzon. Cette modernisation se poursuit vers 1560 par l’utilisation du bastion pour renforcer l’enceinte urbaine. Le premier est placé devant la porte Saint-Julien. Les premiers ouvrages modernes de l’enceinte sont édifiés devant la porte occidentale : il s’agit d’un bastion à orillons et d’une demi-lune dite de L’As de Pique. L’ensemble est édifié vers 1594-1597 par Louis de Gonzague, gouverneur de la ville. La citadelle est créée en 1589 par le comte de Saint-Paul, lieutenant général de Champagne, entré en rébellion dans la ligue catholique contre Henri III puis Henri IV, à l’emplacement du faubourg oriental, entraînant la destruction du quartier entier, le déplacement de la population et de l’activité marchande et artisanale à Charleville, alors en plein développement. Un front bastionné de pierre est édifié de 1590 à 1593 contre la ville et le palais ducal proche. L’intervention d’un ingénieur employé par l’Espagne est supposée. Ce front comporte trois bastions, un au centre et deux sur les flancs. Cela ne suffit pas pour empêcher la prise de la citadelle par les armées d’Henri IV en 1593. Devenue royale, elle est modifiée entre 1620 et 1655 par l’ajout à l’est d’un front à trois bastions, précédé d’une demi-lune à réduit. Une porte y est percée. Un bastion est ajouté sur le front nord. L’enceinte urbaine reçoit des ouvrages bastionnés aux XVIe et XVIIe siècles.  Vauban intervient à partir de 1675 et intègre la ville dans la seconde ligne du Pré Carré. L’enceinte urbaine est intégralement bastionnée. Les trois faubourgs subsistants sont entourés par des ouvrages à corne de grandes dimensions. Celui de l’ouest est flanqué sur ses côtés nord et sud par des demi-lunes. Il est coupé du centre-ville par un autre ouvrage à corne doté d’un fossé en eau et flanqué de deux bastions. Celui du sud est séparé du centre par la Meuse et un réduit. Il est flanqué de deux bastions détachés près du fleuve. Le troisième, situé au nord, est le plus simple car il n’est flanqué que par un seul bastion détaché. Deux contre-gardes y sont ensuite ajoutées. Tous les fossés sont inondés. Les casernes de la citadelle sont édifiées en 1688. En 1692, Vauban déclare dans une lettre à Louis XIV que Mézières est opérationnelle. Les chantiers entraînent la réduction de la superficie habitable des faubourgs, incitant les habitants expropriés à quitter Mézières pour Charleville. Les fortifications de cette dernière ont été démolies en 1688, sur ordre de Louis XIV, afin de pouvoir en utiliser les matériaux pour renforcer les défenses de Mézières. Au XVIIIe siècle, l’enceinte urbaine de Mézières est modifiée par la construction d’un ouvrage à couronne à l’ouest qui entoure le faubourg de Pierre et l’augmentation de la longueur des fronts des faubourgs. En 1748, une école du Génie est fondée dans la ville. Après les bombardements et le siège prussien de 1870, un fort de type Séré de Rivières et une batterie, reliés par un chemin couvert, sont édifiés entre 1877 et 1880 sur le site des Ayvelles, à quelques kilomètres de la ville. Ce fort de plan carré est équipé de façon à garantir l’autonomie de la garnison. Les fortifications de Mézières sont cédées à la ville et démantelées de 1884 à 1890, suite à leur déclassement. Les portes sont détruites, ainsi que les ouvrages avancés. Les tours sont en partie conservées, ainsi que le tracé général des remparts. De l’enceinte urbaine, il ne subsiste que quelques tours médiévales. À la citadelle, trois bastions, une porte et des casernes ont été conservés. Restée propriété de l’armée, elle est officiellement cédée à la ville en 1954. Le site a été transformé en cité administrative et locative. La batterie Séré de Rivières et le fort des Ayvelles sont accessibles au public.

ROCROI  (08) :

La place forte de Rocroi a été créée en 1555, sur l’ordre du roi Henri II afin de contrer la forteresse de Charlemont, construite par l’empereur Charles Quint. François Ier, père d’Henri II, avait déjà construit un fortin en 1545, près du village de Roulcroix. Le fortin et le village disparaissent lors de la construction de la ville. Elle se présentait sous la forme d’un pentagone irrégulier doté de cinq bastions à orillons, de deux portes et d’un fossé. L’intérieur s’organise selon un plan radioconcentrique composé de dix rues. En 1610, cinq demi-lunes sont construites. Le bastion du nord-est devient un bastion retranché et les flancs de tous les autres bastions sont rectifiés et deviennent droits. Durant une occupation espagnole, deux contre-gardes sont ajoutées devant les bastions du Roi et de Montmorency. Le 19 mai 1643, au cours de la guerre de Trente Ans, la ville de Rocroi est au centre d’une bataille entre la France et les Espagnols. Cette dernière permit à la France victorieuse de renforcer sa position dans la région. En 1673, Vauban remanie à son tour la place de Rocroi en créant un chemin couvert et des traverses sur les parapets. De nouvelles tours sont créées à proximité des fossés ainsi que de nouvelles rampes d’accès, des poternes, une nouvelle contre-garde pour le bastion du Roy, des casemates dans le même bastion ainsi qu’un souterrain. Un réduit est ajouté dans la demi-lune de la porte de France. Vauban transforme le bastion du nord-est en citadelle, dans laquelle il édifie des casernes et un magasin à poudre. Un réduit est ajouté dans le bastion sud-ouest. Les remparts sont maçonnés. Un vaste arsenal est bâti en 1692, derrière la courtine du front nord. Rocroi est intégrée à la deuxième ligne du Pré Carré. En 1706, Vauban propose la construction d’un ouvrage à corne et d’un ouvrage à couronne, mais ceux-ci ne seront pas réalisés. Les travaux de modernisation se poursuivent au XVIIIe siècle. Quatre lunettes sont ajoutées : deux devant le bastion sud et une devant chaque bastion du front nord. Une lunette de terre est ajoutée en 1744, côté ouest, appelée lunette d’Asfeld. Sous la Révolution française, en 1792, quatre flèches avancées complètent le dispositif. Dans la première moitié du XIXe siècle, de nouvelles contregardes sont ajoutés pour couvrir les bastions et les courtines. Elles sont reliées par des ouvrages en terre. Les dehors sont améliorés, les courtines sont dotées de tenailles à double caponnière. Pour protéger l’armement du corps de place, les bastions sont dotés de cavaliers, percés d’abris maçonnés. En 1884, Séré de Rivières ajoute huit casemates afin de loger la garnison sur place.  La ville a conservé la majeure partie de ses remparts. Ceux-ci se visitent grâce à la présence de nombreux sentiers. Seules les portes ont été modifiées pour faciliter la circulation. Des bâtiments intérieurs, plusieurs ont été conservés malgré les dégâts causés par le siège prussien de 1870 : un corps de garde qui abrite le musée de la bataille de Rocroi et qui présente une copie du plan-relief de la place en 1889, un arsenal militaire transformé en logements et deux magasins à poudre. Le puits subsiste toujours sur la place d’armes centrale.

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SEDAN (08) :

Ville née au Xe siècle, dotée d’un château depuis le XIIIe siècle, Sedan est intégrée une première fois au territoire français sous Charles IV. Cédée aux La Marck en 1424, Sedan devient une principauté. Evrard III de la Marck transforme le château en citadelle autour de laquelle la ville se développe peu à peu. De 1440 à 1487, la citadelle reçoit une nouvelle basse-cour au nord. Celle-ci est équipée de tours d’artillerie hémisphériques et d’un boulevard d’artillerie, tandis que les courtines sont épaissies par des talus de terre internes. D’autres travaux similaires sont menés de 1495 à 1521 alors que la ville subit plusieurs sièges. La citadelle reçoit ses premiers ouvrages modernes entre 1553 et 1572, lorsque la famille de la Tour d’Auvergne reçoit Sedan et la principauté indépendante qu’elle était devenue. Les angles de l’ancien château sont pourvus de quatre bastions irréguliers. En 1577, la ville est entourée d’une enceinte bastionnée. Le système de fortifications est amélioré par Errard de Bar-le-Duc à la fin du XVIe siècle. La ville et sa principauté sont acquises définitivement à la France sous Louis XIII en 1642. La citadelle perd sa fonction de résidence princière pour devenir une simple caserne. Le tracé de l’enceinte urbaine de Sedan est modifié par Vauban de 1682 à 1689. Il améliore les défenses de la citadelle et prévoit l’ajout d’ouvrages à corne à l’extérieur. Les travaux se poursuivent jusqu’à la fin du XVIIe siècle. La citadelle subsiste toujours, de même que les casernes et l’ouvrage à corne dit Palatinat sur son flanc nord-ouest, et est accessible au public. Un hôtel occupe les casernes. De nombreuses activités, dont des animations, des spectacles de fauconnerie et des sons et lumières y sont régulièrement organisés. En 1962, la ville de Sedan a racheté la citadelle pour le franc symbolique. En 1965, elle est classée au titre des Monuments historiques. La ville fortifiée de Sedan est déclassée après la guerre de 1870. Les remparts de la ville devenus obsolètes sont détruits pour laisser place à une ville nouvelle. Le plan-relief réalisé au 1/600e, construit en 1841 par l’ingénieur Dumay, réparé en 1853 et 1964, est conservé au Musée des Plans-Reliefs de Paris.

bibliothèque municipale de Besançon

BESANCON (25) :

Jules César décrit dans ses Commentaires le site de la capitale des Séquanes, qu’il a l’occasion d’admirer lors de sa campagne contre le Germain Arioviste en 58 avant Jésus-Christ. L’intérêt stratégique l’emporte et la cité prend rang parmi les capitales de la Gaule romaine. La ville s’entoure rapidement d’une enceinte et se dote d’un premier pont, situé à l’emplacement de l’actuel pont Battant. Limitée à l’origine par une boucle formée par le Doubs et le mont Saint-Étienne, Besançon s’étend au Moyen Âge sur la rive droite. L’enceinte est agrandie pour inclure ces nouveaux quartiers. C’est au XVe siècle que les fortifications médiévales atteignent leur plus grande extension. Besançon forme alors un important ensemble composé de tours et de courtines. Au XVIe siècle, sous le règne de Charles Quint, les quartiers de la rive droite sont dotés de nouveaux remparts, doublant ainsi l’ancienne ligne de défense du XIIe siècle. La boucle est complètement fermée par une enceinte percée de portes fortifiées. Sur la rive gauche, une muraille est élevée s’appuyant sur la défense naturelle du Doubs. La menace de guerre avec la France en 1595 entraîne la construction d’un bastion aux imposantes dimensions sur le point culminant des remparts de la rive droite, que l’on doit à l’ingénieur italien Griffoni. Au début du XVIIe siècle, cette protection est devenue insuffisante pour faire face aux attaques ennemies. La ville est occupée une première fois par la France de février à juin 1668. Durant cette courte occupation, Vauban est mandaté par Louis XIV pour construire une citadelle sur le mont Saint-Etienne. Ce projet est interrompu lorsque le Traité d’Aix-la-Chapelle oblige la France à restituer la ville à l’Espagne. Vainqueurs provisoires, les Espagnols décident de poursuivre le chantier de la citadelle qui débute en septembre 1668. Les ingénieurs reprennent les plans de Vauban. Sont édifiés alors le front de Secours, équipé d’une demi-lune, d’une demi-lunette, d’un fossé à fausse braie et du bastion Sainte-Catherine, et le front Royal, équipé de deux demi-bastions, d’un fossé et d’un chemin couvert. Ce front est construit en arrière de l’emplacement prévu par Vauban pour épargner la cathédrale. Des casernes, des logis d’officiers, une citerne et un chemin d’accès sont bâtis jusqu’en 1674. Toujours en 1674, Vauban dirige le siège devant la Ville et la Citadelle devant le Roi. Sitôt la ville reprise par Louis XIV, l’ingénieur se remet au travail et améliore la citadelle, lui donnant son aspect actuel selon les principes de son deuxième système : trois fronts bastionnés (deux au nord et un vers le sud), reliés par des murailles à flancs de falaise, équipées de chemins de ronde et de corps de garde en forme de guérites. Vauban dote la citadelle de nombreux bâtiments : casernements, magasins, arsenal, puits, chapelle. Le logis du gouverneur est agrandi et complété par deux corps de bâtiments servant de magasins de stockage. Le corps de place s’organise en deux cours, ouest et est, divisée par une traverse sur laquelle il appuie quatre casernes. La cour ouest est complétée par un arsenal, un magasin et le logis du major. Celle de l’est reçoit la chapelle Saint-Etienne et un magasin à poudre, tandis que les casernes, le magasin à poudre et la citerne, datés de la période espagnole, sont restaurés. Le front de Secours, est bâti à partir de 1683. Il possède le même équipement que les deux autres : un pavillon d’entrée avec deux casernes et une citerne, deux demi-bastions à flancs retirés et orillons, une demi-lune à flanc entourée d’un chemin couvert.

La communication entre le front Saint-Etienne et le front Royal était assurée par une galerie souterraine creusée sous le glacis. Pour renforcer la protection de la ville, Vauban reconstruit le fort Griffon, face à la citadelle sur la rive droite du Doubs. Il se présente sous la forme d’une citadelle carrée à trois bastions, dont le plus grand, celui du nord, porte un cavalier. Deux grandes casernes et un bâtiment d’officier occupent sa cour. L’enceinte urbaine de la Boucle est renforcée et dotée de tours bastionnées à deux étages (le rez-de-chaussée casematé et la plateforme d’infanterie). Côté rive droite, Vauban réalise une importante escarpe d’une dizaine de mètres de haut qui s’étend en arc de cercle d’Arènes à Battant, jalonnée de trois bastions successifs qui protègent les portes d’Arènes, de Charmont et de Battant, donnant accès aux routes historiques de Dole, Gray et Belfort. En avant de cette ceinture, un large et profond fossé est creusé, précédé de trois demi-lunes qui gardent les accès du côté nord de la ville. Des casernes sont également construites en ville, dont les chantiers sont achevés vers 1688. Vauban vient à Besançon presque tous les ans et en près de 20 ans, fait de la ville un véritable chantier militaire. Débutés en 1677, les travaux de l’enceinte urbaine se poursuivent jusqu’en 1692, sous la supervision des ingénieurs Montille et Boisot. En construisant la citadelle, pièce maîtresse des fortifications bisontines, sur la partie la plus étroite et la plus élevée, Vauban signe une réalisation majeure. Les fortifications de l’ensemble de la ville sont achevées en 1693, après vingt ans de travaux. Elles ont coûté si cher au trésor royal que Louis XIV a demandé, selon la légende, si les murs de la citadelle ont été construits en pierre ou en or. Avec le XVIIIe siècle arrivent les premiers progrès de l’artillerie et la construction de nombreux ouvrages avancés autour de la citadelle. La première série de forts détachés est réalisée selon les plans du général Michaud d’Arçon en 1791 qui prévoit la construction de cinq lunettes sur les hauteurs de Beauregard, Bregille, Tousey, Trois-Châtel et Chaudanne. Inachevées en 1814, elles ne seront jamais armées. À partir de la Restauration et jusqu’au Second Empire, les progrès constants de l’artillerie rendent obsolètes les principes de défense en vigueur. Succède alors l’idée de camp retranché ou place militaire protégée par des forts détachés. La couronne de Battant, l’enceinte urbaine au niveau de Chamars et le front de Secours de la citadelle sont modernisés et toutes les guérites de surveillance de la ville disparaissent progressivement. Sous les ordres du colonel Benoît, Besançon est mise en état de défense. Il fait réaliser des ouvrages sur les collines environnantes : fort de Bregille (1832), Chaudanne (1841-1845), Beauregard (1845-1870) et le petit Chaudanne (1850). Après 1870, Séré de Rivières et ses successeurs entourent progressivement la ville d’une ceinture de forts périphériques, formant deux cercles concentriques autour de la citadelle qui renforcent le périmètre défensif de la ville. Entre 1874 et 1890, 25 ouvrages sont construits. L’ensemble des fortifications et bâtiments de la citadelle et du fort Griffon subsiste, ainsi que la quasi-totalité des deux enceintes urbaines. Classée au titre des Monuments Historiques en 1942, elle est acquise par la ville en 1959 et ouverte au public la même année. Le Muséum d’histoire naturelle est le premier à s’y installer, suivront le musée Comtois et le Musée de la Résistance et de la Déportation. Depuis, la citadelle a su conserver sa vocation culturelle et touristique et est devenue le site le plus visité de Franche-Comté. Cinq des six tours bastionnées de l’enceinte urbaine subsistent. Deux d’entre elles ont récemment été restaurées et accueillent des animations et expositions durant la période estivale. Le fort Griffon et les fronts du quartier de Battant sont également conservés. Le plan relief de la ville, construit en 1722 au 1/600e, restauré en 1762, 1792 et 1967, est toujours conservé au Musée des Plans-reliefs à Paris. Une copie de ce plan a été réalisée et est conservée au Musée du Temps de Besançon

BLAMONT (25) :

Agglomération attestée à partir du XIIe siècle, Blamont est dotée de fortifications dès cette période. Le premier château est construit sur la colline dominant le village et relié à celui-ci par un ouvrage avancé. Ce château est assiégé plusieurs fois aux XVe-XVIe et XVIIe siècles. La ville subit de la part des Bourguignons un long siège en juillet 1475 ; le 31 août de cette année ils prirent d’assaut la place forte qu’ils firent sauter ainsi que le château5. Le 28 mai 1477, un traité était conclu à Zurich entre la duchesse Marie de Bourgogne et les princes des états confédérés, il est décidé qu’Héricourt et Châtelot serait à l’archiduc Sigismond tandis que Blamont et Clémont reviendrait à l’évêque de Bâle. Ce dernier les restituera en 1478 aux Neuchâtel-Bourgogne. En 1678, la Franche Comté devient française, mais le pays de Montbéliard garde son autonomie de fait, tout en relevant de la principauté du Wurtemberg. Louis XIV, s’il ne revendique pas la suzeraineté de Montbéliard, se veut le suzerain des quatre seigneuries (Blamont, Héricourt, Clémont et Châtelot). Il fait occuper Blamont, avant de faire occuper tout le comté de Montbéliard. Cette attitude particulière concernant Blamont, n’est qu’un des épisodes pour son appropriation. Durant ces années, il reçoit plusieurs améliorations alors que la France occupe la région de Montbéliard. Il est décrit par Vauban et par les plans des années 1676-1678. Construit sur un éperon rocheux, il est de forme carrée, flanqué d’un réduit d’entrée en forme trapézoïdale. Deux cents hommes peuvent y loger. Les remparts sont encore composés de murs hauts et épais, mais Vauban estime que l’escarpement oblige à un siège en règle. Il n’y propose donc pas de modifications. Cependant, il revient en 1687 avec un projet plus important visant à une refonte complète des dehors. Celui-ci n’est toutefois quasiment pas appliqué. Seule un abri casematé et une tour bastionnée seront finalement réalisés. Le bâtiment casematé et la tour bastionnée du début du XVIIIe siècle sont les seuls vestiges du fort de Blamont. Un nouveau château a été bâti sur son emplacement en 1814.

FORT DE JOUX (25) :

Dès l’antiquité, il existait un péage dans la cluse et un guet en bois sur le plateau de la Rochette. Dans la guerre des Gaules, César parle d’une montagne haute défendue par cinquante hommes qui e Champagne entreprend la fortification de la roche surplombant le cours du Doubs à Pontarlier et notamment le quartier du « Morieux » devenant ainsi la « forte place du Molar ». En 1410 Guillaume de Vienne achète le château et la seigneurie de Joux à Jeanne, fille d’Hugues de Blonay, seigneur de Joux, qui n’avait pas d’enfant. Il meurt en 1434 ; son château revient à son fils Guillaume II de Vienne dont Olivier de La Marche nous laisse le portrait de quelqu’un de joueur et très dépensier. En 1454, Guillaume II de Vienne, couvert de dettes, vend le château à Philippe le Bon. Celui-ci en fait un poste frontière grâce à des travaux fait par les pontissaliens et financé par les  foires de St Luc et St Georges créées pour l’occasion. Avec la Guerre de Dix Ans débutée en 1634 le château de Joux, après la ville de Pontarlier, tombe en 1639 entre les mains des Français conduit par Bernard de Saxe-Weimar, après 15 jours de tranchées ouvertes dont on voit les stigmates sur le Géran. La forteresse fut remise au gouvernement de Van-der-Gruën, nommé par Weimar puis du sire Grim. Lors des négociations des traités de Westphalie, les français ne voulurent pas rendre le château de Joux qui avait été donné par le roi au duc de Longueville. Les espagnols ripostèrent que c’était impossible au vu de sa situation stratégique. Il ne fut rendu qu’en novembre 1659 par le traité des Pyrénées. Ce traité mettait fin à la guerre entre la couronne d’Espagne et la France et redonnait sa neutralité à la Franche-Comté. Il comprend un article stipulant que le château de Joux, momentanément cédé au comte de Neuchâtel, doit être restitué à la France. En 1668, pour récupérer la dot de son épouse, Louis XIV prend en personne la Franche-Comté avec ses chevau-légers et ses gardes suisses qui ne servent normalement qu’à sa protection rapprochée et à celle de sa famille. Il envoie le général de Noisy pour prendre Joux. Le baron Ferdinand de Saint-Mauris qui commande la garnison, composée de 60 soldats plus 20 cavaliers et 200 hommes de milices, est sous l’autorité du gouverneur de la province qui n’est autre que le marquis d’Yenne. Celui-ci avait quelque temps plus tôt pris parti pour la France au mépris de son devoir de défendre les places Francs-Comtoises. C’est pourquoi il capitule très vite devant de Noisy venu avec moitié moins d’hommes. Cependant, Louis XIV est contraint de rendre la Franche-Comté à l’Espagne selon le traité d’Aix la Chapelle. Le baron de Saint-Mauris reste gouverneur de la place. Louis XIV refait en personne la seconde conquête de la Franche-Comté. Il envoie le marquis de Duras prendre le château de Joux pendant qu’il rentre avec le dauphin à Paris. Celui-ci donne de l’argent au gouverneur de la place qui se sauve en Suisse en laissant le fort aux français. En 1678 le traité de Nimègue confirme le retour définitif de la Franche-Comté à la France et le démembrement de la seigneurie de Joux. Le château de Joux fortifié par Vauban fera partie des trois forts franc-comtois épargnés par Louis XIV qui fit raser tous les autres châteaux. Lorsque Louis XIV conquit la Franche-Comté pour la seconde fois, il voulut préserver trois châteaux dont le château de Joux. Vauban était d’avis de le raser. En 1677, il réalisa un plan-relief et entre 1678 et 1690, il détruisit les parties médiévales Sud. Utilisant les pierres du Géran, il construisit, avant le fossé médiéval qu’il fit traverser par un pont dormant, la quatrième enceinte avec ses deux ouvrages à corne comprenant à l’Est une guérite avec deux monogrammes aux 2 L enlacés de Louis XIV et le soleil. Il fit creuser un fossé et bâtit la cinquième enceinte avec un ouvrage à corne bordé d’un fossé au Sud et à l’Ouest et d’un chemin couvert à l’Est. Il créa le glacis au Sud du fort. C’est à cette époque que fut bâtie la porte d’honneur dont les motifs ont été réalisés en calcaire de Vuillecin qui a la particularité de se sculpter comme du plâtre et de durcir ensuite. On voit encore aujourd’hui la finesse et la bonne conservation de ce monument. Les trophées d’arme de la porte d’honneur représentent à gauche les chevau-légers dauphin (cavalerie légère) et à droite les piquiers suisses (infanterie). En haut au centre étaient les armes du roi soleil avec le « monogramme de 2 L entrelacés sur globe céleste ceint d’une guirlande végétale inséré dans un cartouche baroque fleurdelisé surmonté de la couronne fermée » mais tout le métal doré a été subtilisé et il ne reste que l’agrafe de la couronne et quelques petits restes des 2L. En haut de la porte d’honneur à gauche est représentée la Franche-Comté espagnole avec le drapeau de la victoire contre les turcs par Charles Quint puis par Don Juan d’Autriche qui est un croissant renversé sur fond bleu ; le drapeau porte les armoiries des comtes de Salins ; les armes sont celles utilisées dans l’armée espagnole qui est la seule à posséder encore un corps d’archers (carquois), par exemple. À droite, c’est la France et ses armes « modernes » qui sont mises en avant ; on remarque les baïonnettes qui n’ont pas encore été normalisées à un seul modèle. En 1690, Vauban modifia le plan-relief pour engager les travaux de la partie supérieure du château et proposa ses modifications à Louis XIV. Entre 1690 et 1693, il fit construire la seconde enceinte, la cour d’honneur et les casernements y attenant. Il fit creuser un grand puits de 147 m de profondeur14 qui a été réduit par la galerie de Joffre. Il fit construire les logements attenants à la tour Grammont et donnant sur la seconde enceinte. Il fit rajouter des canonnières sur les tours à l’Ouest, dans la cour du donjon et sur la tour du fer à cheval qu’il coiffa d’un toit amovible. Sous Louis XV, en 1717 et 1724, de nouveaux travaux sont menés et le plan-relief de Vauban modifié en conséquence : on construit des locaux pour l’artillerie dans la quatrième et la cinquième enceinte, on fait une rampe pour monter à la deuxième enceinte, on modifie l’intérieur du donjon qui sert de logement au gouverneur de la place. On refortifie totalement la Rochette. À la fin du règne de Louis XV, on transforme le fort en prison d’état en aménageant des cellules solidement grillagées dans la première et la seconde enceintes

SALINS LES BAINS (25)  :

Situé dans la vallée de la rivière dite Furieuse (altitude : 300 m.), le site de Salins-les-Bains est occupé depuis l’époque gauloise. Le fait qu’elle soit installée dans une vallée étroite, mais surtout la présence de mines de sel dans les collines qui la bordent (Saint-André à 588 m., Belin à 558 m. et Bracon), expliquent l’intérêt stratégique de Salins-les-Bains qui est la seconde ville de Franche-Comté au Moyen-Âge. Elle est entourée d’une enceinte à partir de 1249. Cette enceinte est modifiée au XVe siècle par les Ducs de Bourgogne qui y ajoutent des tours circulaires à archères et caponnières sur ses flancs est. La Furieuse sert de douve à l’ouest de la ville. La défense par les plateaux proches débute dès le XIIIe siècle. Les châteaux de Belin et Bracon sont construits à cette époque, de même qu’une tour de guet sur le plateau de Saint-André (en 1265 pour ce dernier). Les châteaux de Belin et Bracon sont des donjons carrés entourés de tours arrondies et de courtines. La tour saint-André est reconstruite en 1347 après un siège. Les premiers chantiers modernes ont lieu durant la Guerre de Trente Ans. Une menace française conduit les Espagnols à renforcer les défenses de la tour Saint-André par l’ajout d’un rempart doté de créneaux et de meurtrières autour d’elle. Des casernements nouveaux sont édifiés. Ces chantiers se déroulent de 1638 à 1645. Après la restitution de la Franche-Comté par la France en 1668, les Espagnols modernisent l’armement des sites fortifiés mais l’enceinte et les châteaux de Belin et Bracon restent médiévaux. Ce n’est pas suffisant pour empêcher les Français de s’emparer de Salins-les-Bains en 1674 pendant la Guerre de Hollande. L’enceinte est en grande partie détruite, de même que les deux châteaux et la tour.  Vauban élabore ses projets pour Salins dès 1674. La tour Saint-André disparaît, remplacée par un fort prévu pour cinq cents soldats. Le fort est reconstruit sur les plans de Vauban en 1674 à la demande du roi Louis XIV. La première pierre est posée le 18 octobre 1674 avec l’inscription Regnante Ludovico XIV, semper victore  Le nouveau front est bastionné sur le flanc d’attaque (à l’ouest). Il comporte deux bastions, une demi-lune, un pont levis, une porte et un corps de garde. Le reste du rempart ne comporte qu’une muraille sur les autres flancs plus abrupts. Dans le fort, il bâti une chapelle, deux casernes de deux cents cinquante lits, une maison du gouverneur, des écuries, une poudrière et deux citernes. Les chantiers sont perturbés par un effondrement de terrain en 1675 mais s’achèvent en 1679. Les défenses de la colline Belin sont améliorées. Une tour médiévale est conservée mais l’enceinte du château est refaite en rempart bastionné avec une porte à pont levis et corps de garde. Un cavalier et une caserne y sont édifiés. Le reste des modifications consiste à aplanir le sommet de la colline pour dégager la vue. Les chantiers s’y achèvent en 1679. Le château Bracon est remplacé par une redoute de terre et de maçonneries. L’essentiel du chantier y consiste en travaux de dégagement des terres excédentaires et d’aplanissement des hauteurs environnantes. S’il est achevé en même temps que les autres, le fort Bracon ne reçoit sa première garnison qu’en 1688, à la veille de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg. En ce qui concerne l’enceinte urbaine, Vauban projette en 1680 de la remplacer par une enceinte bastionnée plus large et agrandissant la ville. Louis XIV refuse ce dernier projet et se limite à ordonner la restauration de l’enceinte médiévale. Le XVIIIe siècle ne modifie que très peu Salins. L’accès au fort Saint-André devient une route pavée en 1736 et remplace les sentiers anciens. Les trois forts servent de prison durant la Révolution, laquelle voit l’abandon de la redoute de Bracon. Les deux forts sont ravagés par un siège autrichien en 1814. Le fort Saint-André voit ses remparts percés en trois points, ses parapets et son pont d’accès renversés et ses deux citernes comblées. Il est cependant restauré à l’identique de 1833 à 1841 sous la Monarchie de Juillet. Le fort Belin est rasé durant le siège de 1814 et est reconstruit à neuf en 1828, sous le règne de Charles X. Il s’agit alors d’un fort casematé divisé en deux par un fossé sec, dont la partie sud sert de réduit. L’ensemble est entouré par un fossé sec, une caponnière et une contrescarpe à galerie. Un chemin couvert crénelé le relie à la batterie de Bas-Belin. Pour améliorer les défenses de la ville, le fort des Rousses est construit de 1841 à 1862-63 à vingt kilomètres de Salins, sur une montagne à 1150 m. d’altitude. Ce fort est bastionné, composé de trois fronts et trois bastions sur ses faces d’attaque. Le reste du rempart est une simple muraille bordant un précipice. Trois corps de casernes à quatre niveaux, une maison du commandant, des poudrières et des magasins casematés occupent l’espace interne, prévu pour loger une garnison de trois mille hommes et de deux mille cinq cents chevaux. Il est prévu d’y installer dix-huit canons, ce qui est effectif en 1868. Ce fort est le seul à être réutilisé par Séré de Rivières après 1871. L’enceinte urbaine de Salins-les-Bains a été démolie. Il n’en subsiste qu’une tour. Les forts Saint-André et Belin sont conservés et en bon état. Le fort Saint-André est devenu un complexe hôtelier et une salle de réception pour mariages, réceptions et séminaires. Les casernes abritent l’hôtel. La poudrière sert de brasserie. La chapelle et la maison du gouverneur cherchent une affectation. La visite de l’ensemble est possible sur renseignements auprès des hôteliers propriétaires. Le fort Belin est une propriété privée inaccessible. La redoute Bracon a disparu et est recouverte par des habitations. Quant au fort des Rousses, intégré dans le parc naturel régional du Haut-Jura, il abrite une cité administrative et deux entreprises artisanales. Pour l’œuvre de Vauban, Salins-les-Bains présente un intérêt moyen en tant que place remaniée. Seul le fort Saint-André, restauré après le siège de 1814 témoigne de son œuvre. C’est davantage un site lié aux fortifications du XIXe siècle.

DÔLE (39) :

Dôle devient le siège d’un archiprêtré au VIIe siècle, puis d’un archidiaconé au siècle suivant. En 986, le comté de Bourgogne est fondé. Il faut attendre le XIe siècle et Conrad II le Salique, pour que les comtes, circulant entre Gray, Poligny et Quingey, se fixent, développent et érigent en capitale Dôle. Dans la première moitié du XIIe siècle, le comte Renaud III, fait prendre un véritable essor à la ville : il y construit une solide muraille et un grand pont de pierre, encourage le commerce et l’artisanat, instaure une foire, établit des moulins sur le Doubs, fonde un monastère cistercien, un prieuré de bernardines, une commanderie du Temple, l’hospice Saint-Jacques et donne ses redevances de Dôle et Salins à l’abbaye Saint-Étienne de Dijon. Lorsqu’il meurt, en 1148, le comté passe aux mains de sa fille, Béatrice, et de son gendre, l’empereur Frédéric Barberousse, qui en fait une province du Saint-Empire et agrandit le château des comtes d’Amaous. Lorsque le duc Eudes IV meurt, en 1350, son petit-fils, Philippe de Rouvres hérite les deux Bourgognes. Cependant, ce dernier étant mineur, le roi Jean le Bon assure la régence, et fait protéger les murailles de Dôle, en faisant édifier vingt-et-une tours et quatre portes. En 1479, à la suite de son échec de tentative de reconquête de 1477, le roi Louis XI prend la ville de Dôle et son château qui sont incendiés et rasés avec interdiction de reconstruction (le donjon en ruines subsiste un temps). Il fait massacrer la population pour les mater et se venger de leur farouche résistance à la reconquête française (succession de Charles le Téméraire). De nombreuses villes et vassaux félons du comté subissent le même sort et près d’une centaine de châteaux forts comtois sont alors également rasés. À la mort de Ma En 1482 Dôle est reconstruite à la suite du traité d’Arras et en 1530, l’empereur germanique Charles Quint fait reconstruire des bâtiments fortifiés à Dôle sur l’emplacement de l’ancien château fort. Ses descendants rois espagnols (Habsbourg d’Espagne) font à nouveau prospérer Dôle et le comté de Bourgogne et l’université de Dôle connait un second essor … rguerite d’Autriche, en 1530, Charles Quint devient comte de Bourgogne. Il fait refaire les fortifications de Dôle, par François de Precipiano, puis par le fils de celui-ci, Ambroise. Héritant du comté en 1556, le roi Philippe II d’Espagne fait terminer les travaux de défense et fait dériver les eaux du Doubs, dans le fossé qui entoure la ville. En France, Richelieu veut reprendre le comté de Bourgogne aux Habsbourg d’Espagne, affaibli par les luttes religieuses et la guerre de Trente Ans. Le 27 mai 1636, prétextant l’asile offert auparavant, par les comtois, au frère du roi, Gaston d’Orléans et au duc Charles IV de Lorraine, les troupes françaises, sous le commandement de Louis prince de Condé, mettent le siège devant Dôle. Celui-ci dure quatre-vingts jours mais les murailles sont solides et les défenseurs courageux, malgré la peste qui commence à sévir, et qu’il ne reste plus que 662 Dolois vivants sur les 4 500 du départ. Leur ardeur décourage les Français qui lèvent le camp, le 15 août de la même année. Richelieu déclare d’ailleurs à cette occasion : « Plût à Dieu, que les sujets du Roi fussent aussi affectionnés que ceux-là le sont à l’Espagne ». En 1668, le roi de France Louis XIV profite à nouveau de la faiblesse du roi Charles II d’Espagne pour reprendre la conquête de la Comté. Le 10 février, le roi est devant Dôle face à une armée de 20 000 hommes, tandis que les Dolois ne sont qu’un millier. Le siège ne dure que trois jours. Louis XIV fait alors son entrée à cheval par la porte d’Arans. Tout semble dit pour Dôle, mais c’est sans compter sur les vicissitudes de la politique. Louis XIV ayant pris les Flandres et l’Europe préparant une alliance contre lui, il décide de garder une des provinces : il choisit le Comté de Flandre. Six ans plus tard, il décide de refaire le siège de Dôle, il arrive le 6 juin 1674 avec Vauban pour mener le siège. Les portes s’ouvrent le 9 juin. En 1678 à la suite de la guerre de dix ans, Dôle et le comté de Bourgogne sont définitivement rattachés au royaume de France par le roi Louis XIV (traité de Nimègue). L’ensemble du système défensif conçu par Charles Quint est démantelé par Vauban en 1688, le pouvoir étant transféré à Besançon dont les fortifications seront développées (Il ne subsiste que le dernier des 7 bastions qui existaient à l’origine; celui-ci est le seul à avoir été épargné lors du démantèlement de l’enceinte. Les bastions étaient reliés par sept courtines.) Les Dolois ont d’abord ressenti le rattachement à la France comme une humiliation car la conquête française rangeait Dôle au rang de petite ville.

SAINTE MENEHOULD (51) :

Les origines de la ville sont incertaines. la position militairement favorable de cette butte, permit la construction d’une forteresse, appelée Château-d’Aisne (Castrum Axonae). Sainte-Menehould, notamment du fait de sa position proche de la frontière entre le royaume de France (Champagne) et l’Empire (Lorraine, Barrois), et aussi à cause des rivalités entre princes laïques et ecclésiastiques, est l’enjeu de guerres féodales ravageuses. Ainsi en 1038, le comte Valéran, lieutenant de Gozelon, duc de Basse et de Haute-Lorraine (Lotharingie), assiégea Sainte-Menehould qui appartenait au comte de Rethel, allié de Eudes, comte de Champagne. Les agresseurs étaient peu nombreux ; les habitants se réfugièrent dans le château munis de vivres assez nombreux. Le cinquième jour du siège, un habitant blessa grièvement Valéran à l’aide d’une flèche tirée du sommet des remparts, et le siège fut levé. Sainte-Menehould fut rattachée à la couronne de France en 1284 ou 1285. Charles VI permit à la ville d’être fortifiée en 1398, car elle était souvent dévastée en raison de sa position frontalière avec les territoires allemands. En 1545, François Ier demande à Martin du Bellay et à Girolamo Marini, commissaire-général des fortifications de Champagne, de renforcer les fortifications de la butte. Il fait ceindre d’eau la ville, la citadelle et les ouvrages avancés, creuser un canal dans lequel il fait couler l’Aisne. Aux trois anciennes portes de la ville, il en fait construire trois autres pour le château. Marini a surtout renforcé le rocher du château où il a fait construire six puissants bastions. Il a démoli une chapelle pour construire un cavalier dominant la ville. Un sous-ingénieur du nom de Mundos a dirigé le creusement de larges fossés autour de bastions du château. Ces anciens fossés, comblés aujourd’hui, ont pris le nom de Fossés-Mundos. La ville fut assiégée deux fois lors de la Fronde : en novembre 1652, les Frondeurs (parmi eux, Vauban, cadet au régiment de Condé qui sera fait prisonnier par les forces royales) assiégèrent et prirent la ville ; le 25 novembre 1653, l’armée royale (avec Vauban encore, qui s’est depuis rallié au roi après avoir rencontré Mazarin) reprit la ville sous la direction du chevalier de Clerville. Louis XIV, qui participa au siège, est accueilli triomphalement par la population le 27, il assista au Te Deum dans l’église Notre-Dame du Château. Vauban est nommé lieutenant au régiment d’infanterie de Bourgogne, surnommé le «régiment des Repentis » Dans le «Certificat du Chevalier de Clerville au Sieur de Vauban, ingénieur du Roi» en date du 16 novembre 1666, le chevalier de Clerville écrit: «Le sieur de Vauban… a bien et fidèlement servi Sa Majesté sous notre direction au siège de Sainte-Ménehould,… à la conduite des lignes, tranchées et sapes qui lui furent par nous commis dont il s’acquitte très dignement…. » Après cette reddition les armées des deux camps prennent leurs quartiers d’hiver. Le roi Louis XIV, le cardinal Mazarin rentrent à Paris. Vauban est chargé par le chevalier de Clerville [1610-1677] de réparer les brèches faites dans les défenses de la ville [les fortifications commencées vers 1200 par le comte de Champagne Thibaud III, avaient été renforcées sous le roi François 1er par l’ingénieur militaire italien Girolamo Marini. La Ville sera reconstruite dans un style remarquable, en brique et gaize alternés, avec toit à la Mansard, à l’exemple de l’Hôtel de Ville, dont la première pierre fut posée en 1730. De nombreux bâtiments et lieux de Sainte-Menehould sont classés monuments historiques ou disposent d’une notice sur la base Mérimée

Krigsarkivet-Stockholm.

LONGWY   (54) – ville neuve

 L’agglomération de Longwy apparaît au Moyen Âge. Dotée d’un site castral vers le XIe siècle, le village originel s’est développé sur un plateau allongé et a fini par rejoindre la vallée de la Chiers, divisé en deux villes : Longwy-Haut, le Vieux Longwy fortifié, et Longwy-Bas, dans le vallon de la rivière. Une enceinte médiévale entoure le bourg de Longwy-Haut en 1365 tandis que Longwy-Bas n’est pas été fortifié. Au XVe siècle, le château de Longwy est l’un des plus importants de la région. La ville subit d’importantes dévastations lors de la guerre de Trente ans. Au XVIIe siècle, elle compte 1600 habitants. La prise de Longwy en 1635, sa capitulation devant le marquis de Senneterre en 1646, et l’occupation française jusqu’en 1660 préfigure son rattachement à la France qui sera effectif en 1670. En 1679, après la paix de Nimègue, Louis XIV décide de faire de Longwy une place de guerre en face de Luxembourg qui n’est qu’à cinq lieues. L’ingénieur Thomas de Choisy, collaborateur de Vauban, est envoyé sur place par Louvois, ministre de la Guerre. Proche de la forteresse de Luxembourg, tenue par les Espagnols, et des frontières du Saint-Empire, le site de Longwy est jugé idéal par Choisy pour la construction d’une place forte. Il propose de créer une ville neuve fortifiée sur un plateau situé 800 mètres plus haut au-dessus de l’ancien château, au nord, qui permet d’utiliser un relief à l’est comme barrière naturelle. Le premier projet de Thomas de Choisy consiste en une ville carrée ou pentagonale. Après la signature du traité de Nimègue en 1679, il élabore un deuxième projet : celui d’une ville neuve hexagonale, dotée de six bastions creux à orillons, cinq demi-lunes et un ouvrage à corne. Cinq courtines sont protégées par des tenailles, sauf celle du front sud-est à-pic, dont les flancs des bastions sont droits avec des braies. Le chemin couvert possède une contrescarpe et des places d’armes. Deux portes, dites de Bourgogne et de France, percent cette enceinte, réparties symétriquement au nord et au sud. Vauban s’oppose à ce projet et en propose un autre que Louis XIV refuse. Obéissant au roi, Vauban applique donc le projet de Thomas de Choisy en le modifiant légèrement. Ces travaux de construction de la place commencent le 10 août 1679. La destruction totale du château, inutile, fut entreprise en 1682, après le relogement de ses habitants. Les deux fronts occidentaux possèdent des tenailles et un troisième, au sud, est équipé d’une braie. Le chemin-couvert est équipé de traverses. A l’intérieur, la ville neuve est édifiée selon une trame orthogonale avec une place d’armes centrale, dotée d’un puits à l’épreuve. Les neuf casernes et les sept pavillons d’officiers sont groupés dans les îlots rectangulaires les plus proches des courtines ; l’hôtel du Gouverneur et l’église se situent au centre, le long de la place d’armes. On y édifie également un arsenal, une boulangerie militaire et un puits de siège. 3 600 militaires sont en garnison à Longwy. La place est composée d’une trentaine d’îlots réservés aux habitations civiles sur environ 12 hectares. Après le traité de Rijswick de 1697 et la restitution de Luxembourg aux Pays-Bas espagnols, Vauban dépose un mémoire pour achever la place et un projet d’agrandissement destiné à faire de Longwy une place aussi étendue que Luxembourg et dotée d’une garnison aussi importante. Pour cela, il propose de refortifier le site du Vieux-Château et d’entourer le plateau d’un ouvrage à couronne comportant quatre fronts bastionnés à flancs droits, demi-lunes, tenailles et traverses. Le village de Longwy-Bas doit également être entouré de remparts légers. Seules les réparations demandées sont réalisées, faute d’argent. La place de Longwy perd de son importance après la prise et l’annexion du Luxembourg en juin 1684. Un mémoire de 1688 prévoit même de la désarmer. Mais le Luxembourg est restitué en 1697 et Longwy retrouve alors son importance militaire. Plusieurs bâtiments, dont l’hôtel de ville, ne sont bâtis qu’au XVIIIe siècle et la ville n’en sera pas modifiée. Jusqu’à la guerre de 1870, le projet de Vauban ne subit que quelques modifications minimes, qui sont induites par les progrès de l’artillerie. Les principales créations sont la redoute à l’emplacement de l’ancien château médiéval et les lunettes qui prolongent les bastions de l’enceinte originelle. Intra-muros, la ville haute est dotée d’un nouvel hôpital et de nouvelles casernes. Du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle, la vie militaire occulte quasiment toutes les autres activités économiques, à l’exception de la faïencerie. Au cours du troisième quart du XIXe siècle, Séré de Rivières améliore les magasins casematés en les enterrant. Dès les années 1850, la ville de Longwy connaît un fort développement industriel. Les deux tiers de l’enceinte, y compris la porte de France, existent encore. Longwy dû faire face à des bombardements successifs : en 1870-1871, puis en 1914. Après la Première Guerre mondiale, la ville haute est quasiment anéantie. Elle est progressivement reconstruite en préservant le parcellaire et la structure urbaine de Vauban. De l’enceinte subsiste aujourd’hui quatre bastions et deux demi-lunes, qui se répartissent en trois fronts. Des bâtiments militaires et civils subsistent la boulangerie, deux magasins à poudre, le puits de siège, l’église Saint-Dagobert et l’hôtel de ville. Son clocher observatoire a perdu un étage durant le siège prussien de 1870-1871. La ville a été déclassée en 1923. L’ensemble des fortifications est inscrit depuis 2008 au Patrimoine mondial au titre des fortifications de Vauban. Une maquette des fortifications de la ville est exposée au musée municipal. Longwy est la première ville neuve créée par Vauban parmi les dix qu’il réalise durant sa carrière bloc de texte, cliquez sur le bouton \ »éditer\ » pour me modifier. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

NANCY (54) :

Ville d’origine médiévale, la Vieille Ville de Nancy reçoit ses premières fortifications urbaines vers le XIe siècle. Ces remparts médiévaux sont réparés plusieurs fois avant leur remplacement par une enceinte bastionnée à partir de 1550. Cette enceinte comprend huit bastions à orillons, une demi-lune et deux portes. En 1587, la question militaire est au centre des préoccupations de Charles III qui décide de revoir complètement la défense de la ville. Il imagine une ville neuve au sud de la ville médiévale qui sera protégée dans de nouvelles fortifications. La Ville Neuve, entourée de sa propre enceinte bastionnée, de forme hémisphérique, comprend huit fronts et huit bastions et est réalisé par l’ingénieur italien Stabili. La Vieille Ville reste alors séparée de la nouvelle par l’enceinte de 1550 et seule la porte Saint-Nicolas permet de communiquer entre les deux villes. Les rues sont prévues suivant un tracé orthogonal, donnant pour les plus importantes sur des portes. Il faut près de 30 ans pour que la ville neuve devienne une réalité. Alors que Nancy au début du XVIe siècle couvrait une modeste superficie de 15 hectares, les contemporains d’Henri II, duc de Lorraine à partir de 1608, découvrent une cité fortifiée aux proportions atteignant 70 hectares. Le Roi envoie en 1661 et 62 Vauban pour démolir les fortifications d e Nancy. Pendant dix ans, seule la Vieille Ville reste fortifiée. Vauban reconstruit l’enceinte du nouveau quartier sur le même schéma que le précédent. Cette seconde enceinte de la Ville Neuve est à nouveau démolie en 1698, en application du traité de Rijswick de 1697 mettant fin à la Guerre de la Ligue d’Augsbourg et restaurant le Duché de Lorraine. L’enceinte de la Vieille Ville est rasée à partir de 1750 et remplacée par des avenues arborées, sur ordre du duc Stanislas, beau-père de Louis XV et ex-roi de Pologne. Les trois places ducales que sont la place Stanislas, la place Neuve de la Carrière et la place d’Alliance sont tracées à l’emplacement du rempart qui séparait jadis les deux villes. Devenue française à la mort de Stanislas en 1766, Nancy perd ses remparts mais devient le siège d’une université, d’un parlement et d’un évêché. Il subsiste peu d’éléments des remparts de Nancy. Sept portes de l’enceinte sont conservées : la porte médiévale de la Craffe et son pendant du XVIIe siècle, la porte Notre-Dame, les portes Saint-Georges, de la Citadelle et de Saint-Nicolas, édifiées du XVIe au XVIIe siècle et les portes Royale et Sainte-Catherine datant du XVIIIe siècle. Les restes d’un bastion sont visibles dans les sous-sols du Musée des Beaux-Arts. L’arsenal de la Renaissance est également conservé.

TOUL  (54) ;

Ville d’origine romaine, Toul est située au confluent de la Moselle et de l’Ingressin. Elle reçoit ses premières fortifications au IVe siècle. Cette enceinte est en grande partie remplacée au Moyen Âge par une autre, maçonnée, au tracé irrégulier qui résiste à plusieurs sièges français ou impériaux et subsiste jusqu’en 1689. Vauban travaille sur deux projets pour la ville de Toul. Pour le premier projet, il souhaite conserver une partie des anciens murs et propose d’ajouter des bastions, des parapets, des demi-lunes et un fossé avec contrescarpe. La protection du site serait renforcée par des défenses hydrauliques. Pour le second projet, il propose de raser les fortifications existantes. La superficie de la ville serait agrandie par l’insertion de tous les faubourgs situés à proximité, au sein d’une même enceinte bastionnée. Le deuxième projet est retenu par le roi et les travaux débutent le 12 mai 1700. Contrairement au souhait de Vauban, ces derniers débutent à l’intérieur de la ville et non par les dehors. Les travaux avancent lentement, la ville ayant perdu de l’intérêt après la signature des traités de paix. Les remparts et le parapet sont terminés en 1722. Dans la première moitié des années 1740 les écluses du canal sont achevées et l’unique demi-lune complète est achevée. Les travaux s’arrêtent là, à l’exception de casernes qui seront ajoutés tout au long du XVIIIe siècle. Le parement de la contrescarpe n’est réalisé qu’au XIXe siècle et seules trois des demi-lunes ont été bâties. Le parement des escarpes est endommagé pendant le siège prussien de 1815 et remplacé une fois la guerre finie. Entre 1872 et 1874, Séré de Rivières construit une ceinture de six forts périphériques autour de la ville. Organisée et composée de grands ouvrages polygonaux semi-enterrés, elle devait garantir la défense de la « Trouée de Lorraine » chère à la IIIe République. En 1931, Toul est déclassée et perd tout caractère défensif. L’ensemble de ses fortifications ainsi que l’hôtel du Gouverneur ont été conservé. Les fortifications du XVIIe siècle, constituant aujourd’hui un parc urbain, ainsi que les vestiges des remparts gallo-romains sont classées au titre des Monuments historiques. Le plan relief réalisé au 1/600e entre 1846 et 1861 est conservé au Musée des Plans-Reliefs de Paris.

MONTMEDY (55) :

Agglomération d’origine médiévale, le site de Montmédy reçoit ses premières fortifications en 1221 lorsque le comte Arnould III de Chiny construit un château sur le promontoire rocheux surplombant le cours du ruisseau de la Chiers. Une enceinte urbaine entoure la Ville Haute pour compléter le dispositif défensif. Vendue au duc de Luxembourg en 1364, elle devient terre du duc de Bourgogne, puis, par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche, elle entre en 1478 dans la Maison d’Autriche. À partir de 1545, Charles Quint remplace le château médiéval par une enceinte triangulaire bastionnée. La Ville Basse reste dépourvue de remparts. Les chantiers de la Ville Haute se poursuivent jusqu’en 1652. La Maison du Gouverneur est construite durant cette période, à l’emplacement du château médiéval qui disparaît. Suite au siège de 1657 dirigé par Vauban au cours duquel il est blessé quatre fois, Montmédy est rattachée à la France par le traité des Pyrénées. Louis XIV, conscient de sa position stratégique unique fait démanteler toutes les citadelles environnantes et charge Vauban de renforcer ce point stratégique. En 1681, Vauban entoure la Ville Basse d’une enceinte à sept bastions, deux demi-lunes et trois portes et reliée à celle de la Ville Haute. Durant ces chantiers, il aménage les remparts de l’enceinte haute par l’ajout d’un chemin couvert externe aux fossés, de casernes et des bâtiments militaires indispensables au bon fonctionnement d’une place-forte. Les casernes sont implantées sur d’anciens jardins mitoyens de la Maison du Gouverneur. Des casemates d’artillerie sont percées dans les fossés sous le front des bastions Connils et Saint-André. À la fin du XVIIe siècle, son action porte sur la Ville Haute dont il rehausse les remparts et approfondit les fossés. Des traverses sont ajoutées sur le chemin-couvert et la demi-lune des Porcs est maçonnée, les parapets sont rehaussés, les places d’armes rentrantes et saillantes sont agrandies. Les fausses braies sont réaménagées pour les tirs rasants. Ces travaux seront réalisés à partir de 1707. Le siège de 1870 est un désastre pour Montmédy. Les prussiens bombardent l’intérieur de la ville. L’église Saint-Martin est reconstruite en 1753 sur l’emplacement de l’ancienne église, visible sur le plan de Vauban de 1679. Après 1872, le général Séré de Rivières réaménage la Ville Haute en y édifiant de nombreux casernements enterrés sur plusieurs étages. Mais il considérait la place comme dépassée et de ce fait, inutile à améliorer. L’enceinte de la Ville Basse a été démolie, mais les fortifications de la ville haute sont restées remarquablement intactes, malgré les remaniements successifs engendrés par les guerres. La citadelle avec ses remparts et ses glacis est classée au titre des Monuments historiques en 1991.

MONTMEDY-Krigsarkivet-Stockholm.
-ville-de-Stenay-

STENAY (55) :

Les premières fortifications remontent au VIIIè. En 1552, François de Rabutin parle aussi de « la ville de Sathenay (autrement par le langage corrompu appelée Astenay) »… « Sathenay où il n’y avait ni artillerie ni munitions, soldats ni garnison aucune pour le roi que les habitants et un capitaine »… Il signale l’importance de son pont sur la Meuse. En 1591. Turenne prend par surprise Stenay que Charles III tente vainement de reconquérir lors de deux sièges successifs. Une fois la paix signée (traité de Folembray, 1595), la ville sera restituée aux Lorrains, au début de 1596. Construction de la citadelle de Stenay entre 1608 et 1632 , « une des plus belles et des plus régulières de la frontière, » sous le gouvernement de Simon II de Pouilly. En 1632. Louis XIII, à Liverdun, contraint le duc Charles IV de Lorraine à signer un traité donnant pour 4 quatre ans Stenay à la France, ainsi que les places fortes, toutes proches, de Dun et Jametz. En fait, la ville restera occupée pour toujours par les Français… avec, comme premier gouverneur, le comte de Lambertye, puis, en 1634, le comte de Charost. En 1641 par le  Traité de Saint-Germain : le duc de Lorraine, Charles IV, cède à la France Clermont, Jametz, Dun et Stenay (c1es trois dernières villes, situées en lisière d’Argonne, seront données en apanage à Condé en 1648, ainsi que tout le Clermontois).  : 1654 : 28 juin. Au bout de 32 jours de siège par l’armée française, dirigé par Abraham de Fabert d’Esternay (Vauban y fait ses premières armes, et y sera blessé deux fois), Stenay sera reprise par Louis XIV à Condé, révolté de la Fronde. 1659. Par le traité des Pyrénées, Louis XIV redonne à Condé ses titres et ses biens : le Clermontois confisqué retourne au prince, ainsi que Stenay. Après le rattachement définitif à la France en 1654 et le recul des frontières vers l’est, la citadelle fut démantelée à partir de 1687 à la demande du Roi, alors qu’une longue période de récession s’ouvrait, qui ne se terminera que vers 1750. Ce n’est donc qu’à partir du milieu du XVIIIe siècle qu’on note la construction de beaux hôtels particuliers caractéristiques, l’édification d’un grand quartier de cavalerie (1750), la création d’une forge (1776) avec l’aide du prince de Condé devenu seigneur de Stenay. La population augmenta fortement, atteignant 2340 habitants en 1794. Mais les habitants continuaient à habiter dans les limites des anciennes fortifications, remplacées par un simple mur d’octroi. Avec la Révolution et l’Empire, Stenay subit les effets des guerres et ne se releva véritablement qu’après 1870.

VERDUN (55) :

Située le long de la Haute Meuse et siège d’un évêché depuis le IIIe siècle, Verdun est une agglomération fortifiée depuis les Mérovingiens. Prise une première fois par Henri II de France en 1552, la ville est assiégée plusieurs fois durant le siècle suivant. Dès 1559, la ville occupée par la France reçoit ses premiers chantiers modernes. En 1567, une citadelle est construite sur la colline Saint Vannes qui domine la ville. L’enceinte urbaine reste celle du Moyen Âge. En 1624, Louis XIII charge Sublet de Noyers de fortifier entièrement la ville. Les chantiers sont alors confiés aux ingénieurs Frédence et Conti d’Argencourt. La citadelle est entièrement modernisée avec un nouveau plan dressé en 1626 et complétée par des dehors et demi-lunes, ainsi que des contre-mines. Confié aux meilleurs spécialistes, l’ouvrage est achevé en 1634.La ville est définitivement rattachée à la France en 1648 à la signature des traités de Westphalie. Lors de sa visite en 1675, Vauban découvre une ville haute bastionnée, dominant une ville basse enserrée dans d’anciennes murailles médiévales. Il se montre très critique. Immédiatement, il lance les premiers chantiers. À l’issue de ces chantiers, la ville est totalement enclose dans une enceinte bastionnée. Les fronts nord et est comportent des bastions à orillons (certains incluent les tours médiévales), précédés de demi-lunes et d’un ouvrage à corne devant le quartier Saint-Victor. Ce dernier ouvrage est renforcé de demi-lunes avancées et d’un réseau de contre-mine. Au sud, les principales défenses sont hydrauliques : une inondation de 2000 mètres de long sur 800 mètres de large et profonde de 2,50 mètres peut-être tendue devant les remparts. Afin de la remplir un jeu de trois écluses (Saint-Airy, Saint-Nicolas et Saint-Amand) est mis en place entre 1680 et 1685, complété par plusieurs barrages et canaux, destinés au remplissage des fossés. Des casernes neuves et spacieuses sont édifiées dans la citadelle. L’église Saint-Amand est également construite sur les plans de Vauban. En 1698, Vauban établit un projet plus ambitieux pour Verdun. Cependant, l’évolution de sa position stratégique au début du XVIIIe siècle fait différer ces travaux. Le XIXe siècle ne modifie que très peu les fortifications de la ville. Les chantiers engagés par Vauban sont simplement achevés. La caserne Beaurepaire est édifiée dans la citadelle en 1833-1835. Après la guerre de 1870, des forts périphériques de type « Séré de Rivières » sont construits autour de la ville. Les plus connus de ces forts sont ceux de Douaumont et Souville, théâtres de la bataille de Verdun en 1916. Cependant, les remparts et la citadelle sont conservés et connaissent aussi de durs combats. La citadelle reste militaire et reçoit des aménagements nouveaux comme le magasin enterré situé derrière la courtine des bastions du Roi et de la Reine. Des casemates voûtées à l’épreuve y sont également aménagées et les galeries de fusillade sont modernisées. Un important réseau de souterrains, conçus pour abriter toute la garnison, est créé. La citadelle et ses bâtiments intérieurs ont été conservés, rescapés des combats de la Première Guerre mondiale. La citadelle, et notamment ses souterrains, sont désormais ouverts au public et accueille un musée sur la vie des Poilus en 1916. Les forts de Douaumont et Souville sont devenus des lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale. Le plan relief de la ville réalisé au 1/600e entre 1848 et 1856, restauré en 1920 et 1966, est conservé au Musée des Plans-Reliefs de Paris.